21 février 1913
Effervescence à Thouars, ce vendredi 21 février 1913. Bravant le froid de cette soirée hivernale, elles sont des dizaines à rejoindre la Salle des Fêtes (l’actuel théâtre) pour écouter la célèbre féministe Cécile Brunschvicg. La conférence est organisée par l’antenne locale de l’Union française pour le suffrage des Femmes dont Cécile Brunschvicg est la secrétaire générale. Mais, comme le relate la presse locale de l’époque, les hommes furent également nombreux dans la salle pour écouter l’épouse de Léon Brunschvicg, lui-même philosophe et membre de la Ligue des Droits de l’Homme.
Née en 1877 dans une famille bourgeoise républicaine de confession juive, la jeune Cécile découvre très tôt le goût de l’étude et, en cachette de ses parents, prépare son brevet supérieur qu’elle obtient à l’âge de 17 ans. Sa rencontre avec Léon Brunschvicg est déterminante. De leur union en 1899 naissent quatre enfants. Soutenue par son époux, la jeune femme s’engage dans le combat féministe.
Mais loin de l’image de la suffragette anglaise, Cécile Brunschvicg est dans la conciliation et rejette toute forme de militantisme agressif et obtus. Au sein des différents organismes qu’elle crée ou auxquels elle participe, elle encourage des actions qui font progresser la place des femmes au sein de la société française. Léon Blum l’intègre dans son gouvernement en 1936 en tant que sous-secrétaire d’Etat à l’Education nationale. On lui doit notamment la mixité scolaire et la création des cantines scolaires.
Contrainte de se cacher dans le sud de la France pendant la Seconde guerre mondiale, elle meurt en 1946.
A l’issue de la conférence donnée à Thouars par Cécile Brunschvicg en février 1913, l’un des hommes présents dans le public écrivit que « s’il y avait quelque chose de bon, de juste et de grand à faire pour l’Humanité, ce serait par les femmes seules que ces choses bonnes, justes et grandes seraient accomplies ».
SHAAPT
BP 17
79100 thouars